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Bien-être et psycho

Qu’est ce qu’un soin relationnel ?

Publié le 15/02/2017 à 17:00 0 1

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Nous sommes actuellement en train de créer un institut de soins esthétiques basé sur le soin relationnel, mais savez vous ce qu’est un soin relationnel ? Il englobe tous les échanges verbaux et non verbaux qu’un soignant a avec la personne suivie. Nous reviendrons sur le développement de ce concept avec les notions de handling et holding de Winnicott, leur réutilisation dans le milieu médical, et enfin nous vous expliquerons pourquoi c’est une notion clef pour nous chez Burns and Smiles !

L’introduction du concept par Winnicott

Winnicott (1896-1971) est un pédiatre, psychiatre, psychanalyste anglais. Il introduit pour la première fois les notions du handling et du holding, qui concernent la relation entre l’enfant et son parent voire son environnement. Ces concepts sont de plus en plus transposés aux autres métiers dits de la relation, des soins, de l’éducatif.

Le handling et le holding

Le handling – la manipulation – fait référence aux soins, aux manipulations de l’enfant comme la toilette, l’habillage, les caresses… Lorsque le parent réalise ces soins corporels, par sa proximité, sa manière de le porter, elle permet à l’enfant de délimiter son corps, de ressentir son enveloppe corporelle.

Le holding – le maintien – c’est le soutien de l’enfant, d’un point de vue physique et psychique. Les soins prodigués à l’enfant l’aident à se constituer une intériorité et des limites corporelles. Par exemple, lors du bain l’enfant sent le contact de l’eau chaude sur sa peau et ressent par la même manière la surface de son corps. Le parent joue aussi un rôle important par sa présence physique émotionnelle et affective pendant le bain de l’enfant.

Grâce au handling et au holding, l’enfant acquiert une capacité à être.

Le regard

En complémentarité de ces 2 éléments pré cités, il nous semble important de parler du regard au travers du concept évoqué tout d’abord par Henri Wallon, Jacques Lacan, D W Winnicott, Françoise Dolto…sous le nom « stade du miroir ». Henri Wallon a été le premier psychologue à relever l’importance du miroir dans la construction psychologique de l’enfant afin d’unifier son corps. Pour Lacan, ce stade est le formateur de la fonction sujet, le « je » de l’enfant. Mais cette fonction ne peut se mettre en place que par la présence de l’autre notamment celle de la mère qui désigne tant physiquement que verbalement sa propre image. Le regard va donc être fondamental pour Lacan puisque c’est lui qui va permettre à cette identification au semblable d’évoluer.

On comprend donc l’enjeu majeur du regard porté sur la personne en situation de handicap. Le regard porté sur l’autre n’est pas anodin il nous définit car il nous situe vis à vis de la « norme ». Regarder et voir sont des actes par lesquels se jouent notre appartenance à la société humaine. Être regardé c’est être humanisé et regarder c’est être humain.

A ce titre nombre d’hommes et de femmes atteints dans leur intégrité physique et psychique souffrent davantage du regard posé sur eux que de leurs propres limitations.

Le soin relationnel aujourd’hui

La dimension relationnelle du soin s’est principalement développée dans le milieu hospitalier. L’idée est d’encourager les soignants qui réalisent leurs soins techniques à prendre soin.

Son interprétation actuelle

En suivant la logique du handling et du holding de Winnicott, cela permet à la personne en difficulté de se recentrer sur son intériorité et retrouver le contact avec elle-même. Pour se faire, le soignant doit instaurer une relation sur les bases du respect, du non jugement, de l’empathie. Plus il est vecteur de chaleur, de confort, de douceur, mieux les soins se dérouleront.

Les personnes en difficulté, enfermées dans leur solitude / leur mal-être / leur souffrance, ont besoin d’être entendues et de pouvoir se sentir sécurisées par la réponse du soignant, en adéquation avec leurs demandes, qu’elles soient verbalisées ou non. Ce dernier doit donc s’adapter aux situations, aux circonstances et aux personnes soignées. Cela demande du tact, une formation et des capacités de discernement, de distanciation et de relecture.

Un parcours de soin adapté

En effet, pour mener un soin relationnel à bien, la prise en compte de la personne dans son intégralité est primordiale: les détails sont importants pour chaque patient et différents pour chacun d’eux. L’écoute et l’identification des besoins sont suivis d’une analyse et d’une proposition d’actions adaptées. Afin d’être au plus proche des besoins du patient, les professionnels doivent dialoguer et analyser la situation de vie dans laquelle ils interviennent. C’est grâce à la reformulation de propos, la lecture du langage corporel qu’ils peuvent améliorer leur analyse.

La démarche est d’élaborer avec la personne soignée, et selon sa situation, ses proches, un projet de soin, c’est-à-dire d’identifier avec elle un horizon vers lequel elle souhaite progresser. Le premier objectif de cette démarche est de tisser des liens de confiance avec la personne soignée. Le soin relationnel met en présence deux personnes qui ne sont pas soignant/ soigné mais deux êtres avec leur histoire, leur vécu, leur passé, leur présent, et qui s’engagent dans un chemin particulier.

Les socio-esthéticiennes, la brûlure et le soin relationnel

Le point de départ de la resocialisation pour des personnes brûlées est de se réapproprier leur corps, reprendre confiance en elles, améliorer leur image de soi et apprivoiser le handicap relationnel qui suit le traumatisme.

Pour offrir des soins relationnels, il nous semble important de faire appel à des socio-esthéticiennes et non des esthéticiennes. En effet, les esthéticiennes ne connaissent pas la peau brûlée, et peuvent refuser / être mal à l’aise / ne pas savoir faire le soin demandé sur les cicatrices. De plus, pour une personne fragilisée, il est _ nous le rappelons _ très difficile de gérer le regard des autres. En ce sens, arriver dans un lieu où l’on ne l’attend pas spécialement, adressé au grand public, peut être un frein. Pourtant, les soins esthétiques sont très important pour se sentir mieux après un traumatisme physique de cette ampleur.

Notre but est donc de proposer un ensemble de soins (modelage, soins du corps et du visage, épilation, manucure, pédicure, coiffure, maquillage) et de services (atelier d’auto-maquillage, conseil en image, séances de médecine douce) dans des séances élaborées entre la socio-esthéticienne et la personne fragilisée.

Avez-vous déjà bénéficié de soins relationnels en cure ? En hôpital ? Quels ont été vos ressentis?

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